Déconfinement : faire face à l’angoisse

Article Par Ramsay Santé, le

Après deux mois d’isolement, comment faire face aux incertitudes ?

Déconfinement : faire face à l’angoisse

Pourquoi la levée du confinement peut-elle être vectrice d’angoisses ?

Depuis le 11 mai 2020, la France se déconfine progressivement. Alors que certains s’en réjouissent, d’autres redoutent ce retour à la normale… Après deux mois d’isolement, comment faire face aux incertitudes ?

Emmanuelle Broadbridge est psychologue spécialisée dans le traitement des traumas au CERS Capbreton (Nouvelle Aquitaine), établissement du groupe Ramsay Santé. Elle décrypte pour nous les conséquences psychologiques de cette période de déconfinement. 

Pourquoi la levée du confinement peut-elle être vectrice d’angoisses ?

Emmanuelle Broadbridge : Comme toute période de transition, le déconfinement peut générer, ou venir renforcer, des sentiments d’anxiété et d’insécurité. Nous nous dirigeons actuellement vers un retour à la vie d’avant, mais en même temps, une grande part d’inconnu subsiste. C’est insécurisant et cela créé de la confusion. Il est donc probable que certaines personnes aient des angoisses de mort pour elles-mêmes ou leurs proches. On peut aussi être en proie à des troubles du sommeil, des réactions dépressives, une perte de plaisir ou de désir, voire à des troubles obsessionnels compulsifs (TOC) qui donnent l’illusion d’une reprise de contrôle sur soi. 

Comment faire face à ces manifestations de peur ?

Emmanuelle Broadbridge : Il faut prendre le temps de faire un état des lieux pour tenter de définir l’origine de ces angoisses. Certaines peuvent être liées à des évènements de vie antérieurs, et réactivées par le contexte actuel. 
Ce qui compte, c’est de prendre conscience qu’on a le pouvoir d’agir sur nos ressentis et recréer du mouvement dans nos pensées. Il est important d’initier ces réflexions, de se demander si nos peurs sont le résultat de projections ou le fruit d’une réalité, pour ne pas rester dans une position figée. Si l’on sent qu’on éprouve des difficultés à effectuer ce travail sur soi, il ne faut pas hésiter à consulter.

Que diriez-vous aux personnes qui n’oseraient plus sortir de chez elles ?

Emmanuelle Broadbridge : Comme pour les pensées, il est primordial de mettre son corps en mouvement, les deux étant étroitement liés. Si l’on ne se sent pas prêt à reprendre des relations sociales tout de suite, il faut au moins aller marcher un peu chaque jour, s’aérer, se reconnecter en douceur avec le monde extérieur. À terme, il faut aussi initier une réflexion plus profonde sur ce qui nous pousse à rester chez nous. Au final, le confinement va à l’encontre de ce dont nous avons besoin pour trouver notre équilibre. L’isolement prolongé nous prive de fonctions sociales qui jouent un rôle éminemment positif dans nos vies. Quand on sent qu’on se dirige vers une forme de déséquilibre, il faut agir et faire bouger ses barrières mentales !

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