Jamila, aide-soignante en première ligne face au covid

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Jamila Dib est aide-soignante. Habituellement affectée au service ambulatoire, elle a rejoint les rangs du service dédié aux patients touchés par le coronavirus depuis quelques semaines.

Jamila, aide-soignante en première ligne face au covid

Jamila Dib est aide-soignante à l’Hôpital privé de la Seine Saint-Denis (Le Blanc-Mesnil, Île-de-France). Habituellement affectée au service ambulatoire, elle a rejoint les rangs du service dédié aux patients touchés par le coronavirus depuis quelques semaines. Récit d’un quotidien à cent à l’heure.

Dans cet établissement de la région parisienne, comme dans beaucoup d’autres, toute l’organisation a été repensée pour pouvoir faire face à la crise sanitaire actuelle et son afflux de patients touchés par le virus. C’est pour apporter son aide, que Jamila a rejoint les équipes qui les prennent en charge.

 

Être réactif et à l’écoute

Ce qui change le plus de ses journées habituelles ? « Il faut tout désinfecter, tout le temps » explique-t-elle. Le mobilier, les murs, les sanitaires, le squelette du lit, chaque chambre est passée au crible quotidiennement.

Habituellement, le moment de la toilette et des soins dure une vingtaine de minutes. Désormais, tout est plus long pour répondre aux normes d’hygiène supplémentaires.

Toutefois, l’aspect humain n’est pas en reste : « Les patients hospitalisés sont confinés dans leur chambre. Ils ne voient personne car toutes les visites sont interdites, explique Jamil Dib. Certains sont terriblement déprimés, d’autant qu’ils ne savent pas quand ils sortiront. Pour qu’ils gardent le moral, chaque mot, geste ou sourire de notre part compteOn essaye de garder notre humour aussi, c’est important ! »

Dans cette hôpital, l’âge des patients touchés par le virus s’étend de 17 à 105 ans. Tous sont placés sous assistance respiratoire. Leurs symptômes, eux, varient. « Certains ont de la fièvre, mais ce n’est pas systématique. D’autres présentent des douleurs articulaires, des vertiges. Nous avons des patients qui perdent l’appétit ou l’odorat… C’est ce qui fait la particularité de ce virus… Il ne touche personne de la même façon ! ». En règle générale, ils sont traités grâce à des antibiotiques, du paracétamol, parfois avec de la chloroquine1.

 

Une entraide qui réchauffe le cœur

En ces temps troublés, l’ambiance n’est pas morose pour autant. « La solidarité inter-équipes n’a jamais été aussi développée ! se réjouit Jamila. La direction est également très présente sur le terrain pour nous soutenir et veiller à ce que nous travaillions dans de bonnes conditions ».

De la part des patients également, la sollicitude est au rendez-vous : « Lorsqu’on entre dans les chambres, ils s’empressent de mettre leur masque dans le but de nous protéger. Ces petites attentions sont très agréables ».

Quant à savoir si les soignants se sentent en danger… « Évidemment ! On tâtonne car on ne maitrise pas encore le virus. Mais la solidarité ambiante aide à garder le cap. Nos patients aussi nous prouvent qu’on peut s’en sortir. Beaucoup ressortent de chez nous négatifs au virus ».

Comme tous les soignants actuellement mobilisés, Jamila admet être fatiguée et soumise à des rythmes d’une intensité inédite. Mais elle choisit de rester positive : « Il ne faut pas désespérer de cette situation… Il faut croire en la vie ! Mais pour qu’on gagne la partie, restez chez vous ! De cette manière, nous aussi nous pourrons rentrer chez nous auprès de nos proches. »


1 Molécule synthétique habituellement utilisée dans le traitement du paludisme.

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