A la Clinique de l’Union, au chevet des patients Covid-19 du Grand-Est

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Océane Desclos est infirmière en réanimation polyvalente à la Clinique de l’Union. Elle nous raconte comment elle et ses collègues prodiguent des soins au corps et au cœur des patients.

A la Clinique de l’Union, au chevet des patients Covid-19 du Grand-Est

Océane Desclos est infirmière en réanimation polyvalente à la Clinique de l’Union (Toulouse). Des patients « lourds » y sont actuellement hospitalisés dont plusieurs transférés depuis un hôpital du Grand Est. Entre vigilance et inquiétude, elle nous raconte comment elles et ses collègues prodiguent des soins au corps et au cœur des patients et de leurs proches.

Jusqu’à ces derniers jours, la Clinique de l’Union, comme les autres établissements hospitaliers de la région toulousaine, a été relativement épargnée par l’épidémie. Depuis plusieurs semaines, le nombre de cas augmentent, mais les hôpitaux et cliniques n’ont pas eu à affronter la fameuse « vague » qui sévit actuellement en Ile-de-France et dans l’Est du pays. Les équipes ont donc bénéficié d’un temps précieux pour se préparer à accueillir les patients en réanimation et en soins continus.

Des formations « spécial réa »

Au-delà des aspects matériels (masques, blouses et tabliers) auxquels les équipes sont très attentives, un effort particulier a été fait sur la formation. « Notre démarche a été de permettre au plus grand nombre de soignants possibles de se familiariser avec les équipements et le matériel propres à la réanimation, afin qu’ils soient prêts s’ils devaient être appelés en renfort. Salle de réveil, bloc, médecine, Unité de Soins Continus, Océane évalue à plus de 100, le nombre de personnes qui ont bénéficié de ces formations pratiques. « Pour compléter ces mises en situation, nous avons également créé un guide d’accueil pour qu’ils puissent avoir, en cas de doute, des repères sur comment nous préparons les traitements, comment fonctionnent les machines, etc. »

La prise en charge des patients Covid-19 nécessite de prendre de très nombreuses précautions d’hygiène. Se protéger soi-même pour ne pas être à son tour contaminé et tomber malade et pour protéger ses collègues et les autres patients. Là aussi de nombreuses formations ont été faites sur l’habillage et le déshabillage grâce au concours de l’équipe d’hygiène.

« Nous sommes prêts à accueillir les patients si la vague arrive. En plus des malades Covid-19 de notre territoire de santé, nous avons déjà commencé à prendre en charge des patients venus de Colmar ». Là aussi l’organisation est le maître mot. La décision se fait quelques jours avant que nous recevions le patient et nous sommes prévenus environ 24h avant. Cela nous laisse le temps de tout préparer et d’entrer aussi en contact avec les familles pour les avertir que leur proche va être hospitalisé chez nous et les rassurer.

Aux petits soins

L’un des paradoxes, vécus par les patients transférés, est d’être certes loin de chez eux, mais de bénéficier des conditions d’hospitalisation d’établissements qui ne sont pas surchargés. « Ce sont des patients classiques pour une réanimation, explique Océane, ils sont intubés, techniqués, mais au-delà des soins, tant qu’on le peut, on leur offre la prise en charge la plus qualitative possible. On leur parle, on leur met de la musique. On part du principe qu’il est possible qu’ils entendent et que cela peut leur faire du bien. » Le réveil et leur sortie sont également anticipés. Pendant la durée du séjour en réanimation, les intervenants qui se succèdent au chevet du patient (médecin, infirmière, kinésithérapeute…) écrivent quelques mots dans un carnet de bord sur ce qui s’est passé dans la journée. Le carnet lui sera remis à son départ. Cela permet de diminuer l’angoisse de ces hommes et femmes qui se réveillent avec un « blanc » dans leur histoire de vie.

A la Clinique de l’Union, malgré quelques nouvelles positives sur le front de l’épidémie, « on ne relâche pas la pression, prévient Océane, car on ne sait pas ce qui peut arriver dans les prochaines semaines, notamment au moment de la fin du confinement. On préfère rester prêts plutôt que d’être pris au dépourvu. »

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