L’après Covid-19 : des séquelles sur le système respiratoire

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Qu’en est-il lorsqu’une personne, guérie du Covid-19, retourne chez elle ? Le quotidien peut-il reprendre comme avant ? Beaucoup de patients ont des difficultés à retrouver un nouveau souffle.

L’après Covid-19 : des séquelles sur le système respiratoire

 

Le Covid-19 est une affection qui touche principalement les poumons. Difficultés respiratoires, fièvre, courbatures, ces symptômes sont significatifs et, dans la majorité des cas, visibles. Mais qu’en est-il lorsqu’une personne, guérie du Covid-19, retourne chez elle ? Le quotidien peut-il reprendre comme avant ? Beaucoup de patients témoignent de difficultés à retrouver un nouveau souffle.

D’abord comparé à « une très grosse grippe », le Covid-19 reste cependant singulier et laisse parfois derrière lui des séquelles encore sous-évaluées. Le docteur Jean-Marc Perruchini, spécialiste en médecine physique et de réadaptation à la Clinique Les Rosiers explique les impacts de cette affection.

 

Des symptômes parfois virulents

L’un des symptômes les plus représentatifs du Covid-19 est la gêne respiratoire. « Sur un patient atteint, nous observons des pneumopathies interstitielles[1] qui vont toucher directement le tissu du poumon, explique le Dr Perruchini. Cela peut alors se traduire par un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) et des troubles de la diffusion de l’oxygène ». Ces derniers peuvent alors être très problématiques puisqu’ils entraînent une forme sévère de défaillance pulmonaire justifiant alors d’un passage en réanimation. « L’oxygène a du mal à entrer dans l’organisme et nous devons alors augmenter l’apport d’oxygène à de très haut débits et insuffler de la pression, notamment à l’aide d’un respirateur ».

Autre atteinte remarquée dans cette pathologie : les troubles de la coagulation. « Il y a de nombreux cas d’embolies pulmonaires, provoquées par la maladie, les troubles de ventilation et l’alitement des patients. L’être humain n’est pas fait pour rester immobile, auquel cas, ses muscles vont s’atrophier et ses nerfs s’abîmer. D’autant que ces atrophies provoquent une augmentation de la consommation d’oxygène et nous rentrons dans un cercle néfaste », explique le spécialiste. Ce déconditionnement musculaire est systématique lors d’un arrêt brutal de toute activité physique.

Cela induit un essoufflement supplémentaire, un déficit et des douleurs dans les membres. Comme un moteur encrassé qui consommerait alors davantage de carburant que nécessaire. « Enfin, il y a un amaigrissement, lié à une augmentation des dépenses énergétiques de l’organisme qui se défend contre le virus et une alimentation insuffisante. Fonte musculaire, peu de réserves d’énergie... sont des motifs supplémentaires qui provoquent l’essoufflement au moindre effort ."

 

La réhabilitation respiratoire : une étape indispensable

Même sortis de réanimation, certains patients soignés gardent encore des troubles de l’oxygénation de leur corps surtout à l’effort. C’est pourquoi il est important d’établir une prise en charge rééducative à travers la réadaptation pneumologique. « Cela va non seulement permettre d’améliorer la capacité respiratoire du patient, mais aussi de renforcer sa masse musculaire ». Avec de la kinésithérapie respiratoire et de la réadaptation à l’effort, il s’agira d’adapter le débit d’oxygène nécessaire aux efforts réalisés par le patient, suivi d’un sevrage progressif de cette aide. L’objectif est de réapprendre à ventiler et de mieux utiliser ses muscles respiratoires. « Nous leur donnons également des exercices de réentraînement à l’effort adaptés pour diminuer cette surconsommation d’oxygène liée à l’inactivité prolongée ».

 

C’est toute l’ambition d’Alvéole[2], partie prenante de la société de pneumologie de langue française (SPLF), qui œuvre depuis plusieurs années dans la réhabilitation respiratoire des patients. « Nous travaillons sur une manière de diffuser largement un listing de spécialistes en réadaptation de pneumologie, afin que les établissements ayant pris en charge des patients Covid+ puissent ensuite les orienter vers nous », explique le Dr Perruchini. En effet, les patients traités en réhabilitation respiratoire ne sont pour l’heure que très peu nombreux.

 

Une campagne de communication à l’échelle nationale est en cours de déploiement afin d’aider ces derniers à retrouver toutes leurs capacités respiratoires.

 


[1] Elles désignent un groupe d'affections du tissu pulmonaire pouvant évoluer vers une insuffisance respiratoire.


[2] Groupe de travail sur l’exercice et la réhabilitation respiratoire qui fonctionne depuis 15 ans. Son but est d’harmoniser les pratiques, favoriser les échanges et participer à la diffusion des connaissances concernant l’exercice et la réhabilitation respiratoire.

 

 

1 Elles désignent un groupe d'affections du tissu pulmonaire pouvant évoluer vers une insuffisance respiratoire.

2 Groupe de travail sur l’exercice et la réhabilitation respiratoire qui fonctionne depuis 15 ans. Son but est d’harmoniser les pratiques, favoriser les échanges et participer à la diffusion des connaissances concernant l’exercice et la réhabilitation respiratoire.

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