Un assistant en gynécologie-obstétrique, une première en France

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Pour pallier le manque de ressources de la Santé publique, l’Agence Régionale de Santé a accepté qu’un assistant rejoigne un établissement privé pendant deux ans.

Un assistant en gynécologie-obstétrique, une première en France

© Paris Normandie

Pour pallier le manque de ressources de la Santé publique, l’Agence Régionale de Santé (ARS) a accepté qu’un assistant rejoigne un établissement privé pendant deux ans. Un cas qui pourrait faire jurisprudence.

Le docteur Evine Dugardin est hors-la-loi. Enfin presque. Pourquoi ? Parce qu’en occupant le poste d’assistant, elle n’est pas supposée partager son temps entre deux hôpitaux privés : l’Hôpital privé de l’Estuaire, établissement du groupe Ramsay Générale de Santé, et le Centre de lutte contre le cancer François Baclesse. Et pourtant... "L’ARS m’a octroyée une dérogation. C’est du jamais vu en gynécologie-obstétrique." Elle nous raconte comment ce premier pas pourrait faire bouger les lignes.

Un assistant spécialiste, qu’est-ce que c’est ?

Dr Evine Dugardin : C’est un titre. C’est un médecin à part entière. Je suis docteur en médecine, spécialisée en gynécologie obstétrique, mais je continue de me former durant deux années supplémentaires en compagnonnage avec d’autres médecins pour valider mon diplôme en cancérologie. Mon activité sera répartie de la sorte : 80% à la clinique et 20% au centre. C’est un échange de bon procédés, un partenariat pour faire profiter de mes compétences au sein d’un autre établissement.

Quel est leur rôle ?

E. D. : Dans le public, les assistants sont principalement là pour se former, mais aussi pour former les internes. L’Hôpital privé de l’Estuaire ne forme pas encore d’interne dans ma spécialité, par contre, je ferai du compagnonnage, de la formation pour ceux du centre de lutte contre le cancer. Après, je reste un médecin à part entière dans la clinique, j’ai le même rôle que tous les autres, si ce n’est que je ne suis pas en libéral. Ce qui me permet de dégager du temps pour continuer à me former moi. Par exemple : le lundi 17 décembre, un de mes confrères a pratiqué une intervention hyper intéressante, et j’ai pu prendre ma journée pour aller opérer avec lui. Pour me former avec lui. 

Dans quelle mesure votre cas à part pourrait-il faire évoluer le système ?

E.D. : Il faut bien comprendre que l’assistanat est une période obligatoire pour certaines spécialités (notamment chirurgicales), qui permet de valider certains diplômes complémentaires comme le diplôme de cancérologie pour les gynécologues ou les diplômes supplémentaires en procréation médicalement assistée. Le problème, c’est qu’il y a de moins en moins de postes dans le service public. Mais les mentalités évoluent, mon cas atteste d’une ouverture de la profession. On peut vraiment travailler mieux en permettant à des jeunes médecins de continuer leur formation avec des praticiens du privé, et de développer des partenariats entre public et privé. Un travail très efficace a été fourni entre l’ARS, et les différents établissements pour que le poste se crée. Si ça pouvait servir d’exemple, faire office de jurisprudence pour créer des débouchés pour les internes, et pas seulement dans l'obstétrique… Il faut saisir cette opportunité.

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